Il y avait une ambiance de solidarité au 68e Congrès de la CSN lorsque plusieurs syndicats en grève ont fait leur entrée dans la salle plénière après une vidéo faisant la rétrospective des luttes récentes. Pendant 5 jours, près de 2 200 personnes déléguées de partout au Québec se sont réunies pour débattre des orientations qui guideront l’action de la CSN au cours des trois prochaines années.
Du 25 au 29 mai dernier, le SPPEUQAM a pris part à la plus haute instance démocratique de notre centrale syndicale. Les débats ont porté sur quatre grandes propositions: (1) défendre les droits fondamentaux, syndicaux et du travail, (2) renforcer les services publics pour le bien commun et l’économie québécoise, (3) encadrer l’intelligence artificielle, (4) réfléchir à l’avenir politique et constitutionnel du Québec.
Deux contributions du SPPEUQAM aux débats sur le numérique
Dans le cadre des discussions sur l’intelligence artificielle, le SPPEUQAM a proposé deux amendements.
Le premier, porté par notre secrétaire générale Marjolaine Béland, a été adopté par le Congrès. Il vise à faire de la souveraineté numérique un enjeu distinct de l’encadrement de l’intelligence artificielle et engage la CSN à développer une politique ambitieuse en cette matière. L’amendement demande notamment à la centrale de réduire sa dépendance aux grandes plateformes privées, de favoriser les solutions libres, éthiques et sécuritaires et d’accompagner les syndicats affiliés dans l’élaboration de politiques similaires.
Le second amendement, proposé par la vice-présidence à l’information du SPPEUQAM, n’a pu être débattu faute de temps. Il sera toutefois repris au prochain Conseil confédéral de la CSN par la FNEEQ. Cette proposition vise à encourager la création de comités paritaires de suivi et de vigilance sur les impacts de l’intelligence artificielle dans les milieux de travail où celle-ci influence l’organisation du travail, l’évaluation, la surveillance, les conditions de travail ou l’emploi.
Cette proposition trouve déjà un écho à l’UQAM. Un comité institutionnel sur les enjeux éthiques de l’intelligence artificielle, relevant de la Commission des études et composé, notamment, à parité de représentant·es du corps professoral et des personnes chargées de cours, vient en effet d’être créé. La mise en place d’un tel mécanisme figurait parmi les revendications portées par le SPPEUQAM dans le cadre de la négociation de notre convention collective.
Par ces interventions, le SPPEUQAM contribue à faire avancer, au sein de la CSN, mais aussi dans la société, une réflexion sur les transformations numériques fondée sur la protection des travailleuses et travailleurs, l’équité, la démocratie et la souveraineté technologique.
Pour en savoir davantage sur les débats du congrès et les enjeux liés à l’intelligence artificielle, vous pouvez également visionner cette capsule vidéo à laquelle nous avons participé : l’IA et le futur du travail.