Appelés à la rescousse par Québec pour limiter les effets de la pénurie de personnel dans le réseau scolaire, des enseignants retraités constatent avec désarroi qu’ils sont mis en bas de la liste des remplaçants dans plusieurs écoles parce qu’ils « coûtent trop cher », rapporte Le Devoir. Une situation qui pourrait nuire à la qualité de l’éducation offerte à de nombreux élèves, préviennent-ils. « Ce que je déplore, c’est qu’on en ferait plus souvent [des remplacements], si on nous appelait », relève Paul Quinty. L’enseignant montréalais à la retraite constate que, souvent, des enseignants ayant peu ou pas d’expérience sont appelés avant lui pour effectuer des remplacements dans des écoles de la métropole. Ce ne sont pourtant pas les besoins qui manquent dans le réseau, où chaque rentrée est marquée par des milliers de postes d’enseignants qui peinent à être pourvus en raison du manque de relève. Dans ce contexte, l’ancien ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, invitait de nouveau en août dernier les enseignants retraités à « venir prêter main-forte dans nos écoles » en échange d’une « rémunération incitative », qui a été de nouveau bonifiée cette année. « On fait l’hypothèse que la façon dont c’est financé en ce moment, ça fait partie du problème », évoque aussi la présidente de la FAE, Mélanie Hubert. Certains CSS préfèrent éviter de prendre le « risque » d’allouer trop de fonds à du remplacement par des retraités, avance-t-elle. Dominique Robert, président-directeur général de la Fédération des CSS du Québec, fait pour sa part valoir que c’est « la résultante » de « l’application de la séquence » prévue aux conventions collectives des enseignants qui fait en sorte qu’actuellement, les retraités sont appelés dans les écoles « en dernier recours ».
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