Des indices internes suggèrent que l’UQAM s’apprête à renouveler son contrat avec Amazon Web Services (AWS), malgré les pressions des syndicats uqamiens et les promesses de « sensibilité » formulées par la direction il y a un an, rapporte le Montréal Campus. Dossiers étudiants et bases de données pourraient ainsi être hébergés dans l’infonuagique d’Amazon. AWS permet d’accéder, via Internet, à des applications, à du stockage et à des outils de traitement de données, évitant à l’Université de gérer physiquement ses propres serveurs. Jacynthe Lussier, déléguée étudiante au conseil d’administration de l’UQAM, observe que, lorsque les serveurs physiques de l’UQAM arrivent en fin de vie utile, ils ne seraient pas remplacés, mais migreraient simplement vers le nuage d’Amazon. « Est-ce qu’on veut s’associer à une entreprise comme Amazon qui a des pratiques antisyndicales et des liens avec l’armée israélienne? L’Université a une responsabilité sociale qu’on ne peut pas ignorer », a affirmé la représentante étudiante au Montréal Campus. L’UQAM ne dément pas ce potentiel renouvellement. « Il est trop tôt pour statuer sur le renouvellement du contrat avec AWS », indique la porte-parole de l’Université, Jenny Desrochers. « Nous allons réagir. C’est certain que nous allons interpeller la direction à ce sujet [si un contrat est renouvelé] », affirme Olivier Aubry, président du Syndicat des professeures et professeurs enseignants de l’UQAM. À la suite de la fermeture d’installations d’Amazon au Québec il y a un an et des pertes d’emplois syndiqués qui en ont résulté, les quatre syndicats de l’UQAM avaient envoyé une lettre au conseil d’administration de l’UQAM demandant la réévaluation de la relation institutionnelle avec l’entreprise. À l’époque, l’Université avait indiqué qu’elle cesserait d’acheter du matériel chez Amazon, mais que mettre fin aux contrats avec AWS aurait entraîné d’importantes pénalités financières.