Coups, bousculades, morsures, pincements : les lésions professionnelles causées par la violence envers le personnel de la santé et des services sociaux sont en forte hausse depuis dix ans, montrent des données de la CNESST obtenues par La Presse. Elles ont doublé depuis 2016, une réalité qui inquiète les principaux syndicats représentant les employés du réseau. En 2016, 1273 dossiers de lésions professionnelles attribuables à la « violence en milieu de travail » ont été acceptés par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Depuis, ils augmentent année après année et un sommet a été atteint en 2025 avec 2686 lésions professionnelles « inscrites et acceptées ». « J’ai regardé les chiffres et j’en avais moi-même un peu de mal au cœur », soupire Julie Daignault, vice-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) responsable des dossiers de santé et de sécurité au travail. « C’est alarmant », résume pour sa part Robert Comeau, président de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS). « Ce que l’on voit dans les chiffres, c’est ce que l’on constate sur le terrain », ajoute-t-il. Depuis 10 ans, 18 224 lésions professionnelles ont été causées par des incidents de violence, qui comprennent un ensemble de gestes comme les agressions sexuelles, les objets lancés, les coups d’ongles et les voies de fait. « Il ne faut pas s’étonner que la violence augmente si l’on n’a pas de mécanisme pour se protéger », déplore Judith Huot, première vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN. Appelée à réagir, Santé Québec répond que les « données partagées sont préoccupantes ». Année après année, les « coups, coups de pied et volées de coups » sont les incidents ayant causé le plus grand nombre de lésions professionnelles. On en comptait 1435 l’an dernier contre 539 dix ans plus tôt. Total des lésions causées par des coups depuis une décennie : 8631, soit 47 % des lésions inscrites et acceptées par la CNESST.
• Les médecins voient moins de patients, mais des patients plus payants.