Ricardo Peñafiel, Vice-président, Relations intersyndicales
La loi 14 (PL-89) est déclarée inopérante et inconstitutionnelle
L’une des plus belles victoire de l’année concerne la décision du Tribunal administratif du travail (TAT) déclarant inconstitutionnelles et inopérantes les nouvelles dispositions de la loi 14 (PL-89) limitant le droit de grève. Dans un jugement rendu public le 9 octobre, « le Tribunal accueille la requête déposée par le syndicat représentant les travailleuses du CPE Le Jardin de Robi, affilié à la CSN », qui dénonçait les dispositions de cette loi concernant le régime des services assurant le bien-être de la population portant atteinte de manière injustifiée à la liberté d’association et au droit de grève, violant ainsi les Chartes canadienne et québécoise des droits et libertés.
Cette victoire est fondamentale pour la défense non seulement du droit de grève mais également pour la démocratie. La bombe antisyndicale que représentait PL-89 n’est qu’une des nombreuses attaques contre nos droits citoyens qui ont mené à la campagne Faire front! Il faudra poursuivre la lutte intersyndicale pour atteindre Le Québec qu’on veut. Mais au moins, nous la menons avec ces victoires qui améliorent notre rapport de forces.
Victoire des travailleuses et travailleurs du groupe Métro
Bien que la nouvelle date de quelques semaines, je tiens à souligner la ratification de l’entente de principe pour une nouvelle convention collective par 77% des travailleuses et les travailleurs de l’entrepôt, du transport et du siège social de Metro, réunis en Assemblée générale le 24 septembre dernier, mettant ainsi un terme à une grève qui se poursuivait depuis le 15 mars 2026, soit plus de six mois. La détermination des grévistes, leur a permis d’obtenir un rattrapage salarial de 22% sur 5 ans, alors que les offres de Métro était de l’ordre de 6% à 11% sur 6 ans. Plusieurs autres améliorations, notamment en santé et sécurité, protection des emplois et télétravail ont été arrachées à un employeur intraitable qui pensais casser le syndicat en ayant recours à des stratagèmes de contournements de la loi anti-briseurs de grève, constatés par des personnes inspectrices du ministère du Travail qui ont visité les installations de l’entreprise. C’était bien mal connaître la force du mouvement CSN qui, à l’image de ses trois chainons solidaires, fait en sorte que lorsqu’un syndicat est attaqué, l’ensemble des autres le soutient, avec des dons comme ceux que notre Assemblée générale du 12 juin a voté (2 000 $). Nous avions également fait adopter lors de l’AG du CCMM du 9 septembre une résolution afin « que le CCMM–CSN organise une campagne de boycott des Épiceries Métro-Richelieu et de leurs bannières, produise du matériel et incite ses syndicats membres et la population à y participer largement ». Peut-être que ça leur a fait peur 😉
AG du CCMM-CSN du 7 octobre
À la dernière Assemblée générale du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN)*, nous avons, entre autres, adopté une résolution pour « que le CCMM-CSN dénonce le Règlement interdisant les comportements inappropriés à l’égard des membres du personnel de la Ville de Montréal et en demande le retrait ; [qu’il] interpelle la mairesse de Montréal pour lui signifier son opposition au règlement ; [et qu’il] travaille avec ses alliés syndicaux et de la communauté afin d’obtenir l’abrogation du règlement et la tenue d’une consultation publique sur les enjeux à l’origine de l’adoption du règlement. Rappelons que ce règlement « porte atteinte de manière injustifiée à la liberté d’expression des Montréalais·es » et menace ainsi notre propre capacité à manifester.
Au cours de cette AG, nous avons également discuté au sujet du dernier Cahier du Comité Éducation du CCMM, Austérité en éducation, qui aborde la question des coupure chroniques et politiquement intentionnées en éducation, depuis des dizaines d’années ; et propose des stratégies pour contrer cette austérité permanente. Je vous invite à lire attentivement ce numéro qui fait également le lien entre tous les niveaux d’enseignement et tous les corps d’emploi réunis dans la CSN.
Nous avons également reçu le Front commun pour la protection du Parc Jary, qui depuis la fin juin de cette année résiste au projet d’expansion de Tennis Canada au Parc Jary. « La Coalition des amis du parc Jarry (CAP Jarry) et le Regroupement citoyen pour la protection du parc Jarry, appuyés par Mères au front Montréal » se sont allié·es pour préserver l’intégrité du parc, un îlot de fraîcheur et de verdure, fondamental pour la santé physique et mentale de la population, et pour combattre les inégalités sociales, démographiques et climatiques liées à ce projet élitiste et mercantile qui prétend s’approprier de cet espace public. Ce Front commun, auquel se joint le CCMM-CSN, exige un « Plan de protection et de mise en valeur du parc Jarry afin de sécuriser l’équité territoriale, la justice sociale et environnementale, la transition écologique et la santé des populations […] la participation citoyenne démocratique [et] la reconnaissance d’un conseil des usager·es du parc Jarry, investi d’un pouvoir décisionnel réel et d’un droit de veto sur tout projet susceptible d’en altérer la vocation, l’accès ou l’intégrité [du parc, de même qu’un] moratoire sur le projet de déménagement de la piscine ». Une série d’actions festives et familiales, ancrées dans l’histoire du parc, a mis en évidence la dimension de classe de la lutte d’une population qui, sans le parc n’aurait plus d’accès à un espace public pour vivre une vie digne ; tout ça pour que quelques jours par année des intérêts privés viennent bénéficier d’un espace qui devrait être pour toustes.
Soulignons, pour terminer, l’élection de notre délégué, Michel-Philippe Robitaille, à titre de substitut pour la délégation du CCMM aux conseils confédéraux de la CSN.
*Le Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN) est une instance de la CSN (Confédération des syndicats nationaux) qui regroupe l’ensemble des syndicats de la CSN qui, comme son nom l’indique, est une confédération, c’est-à-dire un ensemble de fédérations organisées en fonction de leurs spécificités d’emploi. Nous faisons partie de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), qui regroupe la plupart des syndicats des personnes chargées de cours, des cégeps et des établissement privés de l’enseignement (primaire, secondaire et cégeps), mais nous participons également aux instances du CCNM-CSN, dans lesquelles nous partageons les luttes des autres syndicats de notre région (le Montréal métropolitain) de même que de nos organisations alliées, comme la Coalition Main rouge.