Le hasard aura voulu que ce soit au lendemain de l’annonce du départ de la vie politique du premier ministre François Legault que l’Institut du Québec (IDQ) dévoile un rapport qui témoigne des investissements records effectués ces dernières années dans le réseau de l’éducation québécois. Ses effets sur la réussite des élèves se font toutefois toujours attendre, constate l’organisation. Elle craint d’ailleurs que le frein appliqué par Québec dans ses dépenses depuis l’an dernier se fasse au détriment de celle-ci. Si le réseau de l’éducation est « en crise », ce n’est pas à cause d’un manque d’investissements de Québec, mais plutôt malgré une hausse « record » de 57 % des dépenses de l’État destiné à ce secteur entre 2018 et 2024, évoque l’IDQ dans son rapport, que Le Devoir a pu consulter avant sa publication. Une partie de cette croissance s’explique par l’augmentation de près de 10 % du nombre d’élèves dans les écoles de la province en six ans. Elle est aussi le fruit d’une augmentation de 43 % des dépenses par élève par l’intermédiaire du recrutement de nombreux enseignants et d’autres membres du personnel scolaire, entre 2018 et 2024. « Quand on a creusé les chiffres, on s’est rendu compte que c’est beaucoup du personnel qui est lié aux services aux élèves qui a été recruté » en grand nombre ces dernières années, évoque en entrevue la présidente-directrice générale de l’IDQ, Emna Braham. Le rapport fait ainsi état d’une croissance de 22 %, au net, du nombre d’enseignants dans les écoles du Québec en six ans. Un bond qui a atteint 49 % en ce qui concerne le personnel de soutien scolaire et professionnel. Les écoles du Québec comptent donc aujourd’hui plus de techniciens en éducation spécialisée, d’orthophonistes et de psychologues, entre autres, que lors de l’arrivée au pouvoir de François Legault, en octobre 2018.