Un virage se profile à l’horizon au centre de services scolaire des Mille-Îles (CSSMI), rapporte La Presse. Dans un souci de démocratiser l’accès aux projets pédagogiques particuliers (PPP) offerts dans les écoles secondaires, les résultats scolaires des élèves ne feront bientôt plus partie des critères d’admission. L’objectif avoué de la petite révolution, qui doit se mettre en branle à la rentrée scolaire 2027, est d’ouvrir une brèche dans le système de l’école à trois vitesses, déclare sans ambages le directeur général du CSSMI, Roch-André Malo. « Nous, il y a une vitesse qu’on ne contrôle pas. C’est le privé. Mais si, dans notre réseau, je peux contrôler le fait que je n’aurai pas deux vitesses, pourquoi ne pas intervenir si on sait que ça nuit aux élèves plus vulnérables ? », lance-t-il. Briser le moule n’a rien de simple, souligne le patron du CSSMI : « Il fallait être audacieux. Ça ne faisait pas l’unanimité, autant chez les parents qu’au sein de notre conseil d’administration et du côté du personnel qui intervient dans les programmes où il y a actuellement une sélection. » Il a commencé, de façon très concrète, en 2018, avec le retrait de certains critères de sélection au primaire et au secondaire. S’est ensuite amorcée la réflexion sur les PPP, à partir du plan stratégique ministériel de 2023-2027. Des audiences publiques ont été organisées, et l’ensemble des acteurs du milieu ont été mobilisés. Mais surtout, on a passé au crible les recherches sur le sujet. « À partir de cela, le questionnement a émergé », expose Isabelle Guay. Et selon celle qui est la porteuse du dossier, la réponse est sans appel. « Les recherches démontrent qu’on ne nuit aucunement à nos élèves favorisés, contrairement à ce qu’on peut entendre », tandis que ceux éprouvant plus de difficulté « auront enfin un choix », insiste-t-elle.