Entre vous et moi


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Quelque 120 travailleuses et travailleurs de distribution Multi-Marques de Laval, qui produit les pains Pom, Bon Matin et Villaggio, ont été mis sauvagement en lock-out, le 1er avril à 0h01, sans autres formalités. Pour le Syndicat des travailleurs et travailleuses de distribution Multi-Marques-Laval, la Fédération du commerce (FC-CSN) et la Confédération des syndicats nationaux (CSN), cette mise en lock-out de Canada Bread et de la propriétaire mexicaine Grupo Bimbo est totalement injustifiée, les négociations se déroulant relativement bien jusqu’à la toute dernière minute précédant le lock-out. Mais il faut aussi savoir qu’il s’agit l’un des pires employeurs au Canada: depuis 2002, l’entreprise bloque de façon intentionnelle le versement des rentes à ses employé-es retraité-es dont quelques-uns sont même décédés, soutient la CSN. Et nous apprenions cette semaine que l’entreprise a contrevenu au Code du travail du Québec en confiant une part de sa distribution à des briseurs de grève.

Je vous raconte cela parce qu’il faut se solidariser avec ces travailleuses et travailleurs, mais aussi parce que tous les pains des cafétérias de l’UQAM proviennent de Multi-Marques à Laval. On va me dire que l’UQAM a un contrat qu’elle doit respecter. Durant ce temps, l’entreprise, elle, bafoue les lois québécoises et se moque totalement de ses travailleuses et travailleurs. Durant le lock-out au Journal de Montréal, Rue Frontenac avait fait une entrevue avec le caricaturiste français Plantu. Nous avions dû lui expliquer ce qu’est un lock-out, concept qui n’existe pas en France. Il avait répondu du tac au tac «chez nous on appelle ça du fascisme». Non, je ne dirai pas que l’UQAM encourage le fascisme, mais un sale lock-out, oui.

Richard Bousquet
Vice-président à l’information du SCCUQ