Nous publierons une fois par mois un texte recensant quelques pages marquantes de l’histoire syndicale et politique. Ce texte est réalisé en collaboration avec l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et des travailleuses de l’aérospatiale et le chargé de cours Michel-Philippe Robitaille.
3 février : Adoption de la Loi sur les relations ouvrières (1944)
Le gouvernement libéral d’Adélard Godbout fait adopter la Loi sur les relations ouvrières, qui reconnaît juridiquement les organisations syndicales et obligent les deux parties à négocier de bonne foi et attribue au syndicat le monopole de la représentation des travailleurs de l’unité de négociation pour laquelle il est accrédité. La loi sur les relations ouvrières est l’ancêtre du Code du travail, adopté en 1964. Pour plus d’information sur la Loi sur les relations ouvrières et sur le Code du travail qui lui a succédé, voir cette publication du Ministère du travail du Québec.
4 février : Dépôt du rapport de la Commission du travail (1888)
La Commission royale d’enquête sur les relations entre le capital et le travail est mise sur pied par le gouvernement fédéral de John A. Macdonald en 1886. Son rapport, déposé le 4 février 1888, met en lumière les conditions de vie et de travail déplorables réservées aux ouvriers durant la seconde révolution industrielle. Pour plus d’information, lire le rapport de la Commission du travail.
6 février : Déclenchement d’une grève générale par les travailleurs des tramways de Montréal (1903)
Le 6 février 1903, les 1500 employés de Montreal Street Railway Co. Déclenchent une grève générale dans le but d’obtenir de meilleures conditions de travail et la reconnaissance de leur syndicat, l’Union des employés de tramways. Les travailleurs demandent un salaire de 20 sous l’heure après 5 ans de service et la limitation de la semaine de travail à 60 heures. Après deux jours de grève, la compagnie accorde finalement une augmentation de salaire de 10% aux travailleurs et reconnaît leur syndicat, ce qui ne l’empêche pas de revenir sur sa parole au cours des mois suivants, replongeant l’industrie du transport urbain à Montréal dans un nouveau conflit de travail et faisant usage de briseurs de grève. Sur la grève de février 1903, lire cette publication sur le site de la FTQ.
9 février : Naissance de James Bryson McLachlan, champion des mineurs de charbon de la Nouvelle-Écosse (1869)
Natif de l’Écosse, le leader syndical James McLachlan est mort à Glace Bay (Nouvelle-Écosse) en 1937. Il avait immigré au Canada en 1902. McLachlan a été secrétaire-trésorier des Mineurs unis d’Amérique. Durant la Première Guerre mondiale, il a réussi à obtenir des droits de négociation collective pour les mineurs de charbon de la Nouvelle-Écosse. McLachlan a aussi participé à de nombreuses grèves contre des mines du Cap Breton pendant les années 1920. Il a fondLa Loidé la publication Maritime Labor Herald en 1921 et a été éditeur du Nova Scotia Miner de 1929 à 1936. McLachlan a été membre du Parti socialiste du Canada, du Parti travailliste indépendant de la Nouvelle-Écosse et du Parti communiste du Canada. De 1933 à 1936, il a été président de la Workers Unity League. Pour plus d’information, consultez cet article de L’Encyclopédie canadienne.
10 février : Décès de 39 mineurs dans un incendie à Timmins (Ontario) (1928)
En 1928, la mine d’or Hollinger en périphérie de Timmins était la plus grande de son genre en Amérique du Nord. Le matin du 10 février, plus de 900 hommes travaillaient dans la mine. Un amoncellement de déchets a pris feu et le feu s’est rapidement répandu dans l’ensemble de la mine. Au total, 39 mineurs ont perdu la vie. La commission royale d’enquête tenue subséquemment sous la présidence du juge de la Cour suprême T. E. Godson a permis d’identifier des améliorations à la sécurité, dont le stockage des déchets en lieu sûr et l’établissement d’une station de sauvetage dans les mines ontariennes en 1929. Pour plus d’information consultez cet article dans le Timmins Times (en anglais seulement).
11 février : 11 syndiqués blessés par balle et trois tués pendant la grève contre Reesor Siding à Kapuskasing (Ontario) (1963)
Ce conflit tripartite impliquait la Spruce Falls Power and Paper Company et ses employés ainsi que des agriculteurs locaux. Les agriculteurs vendaient de la fibre à la Spruce Falls. Lorsque les travailleurs de la Spruce Falls ont débrayé, les agriculteurs ont continué à vendre leur fibre à l’entreprise. Les grévistes ont décidé d’agir contre les agriculteurs qui, selon eux, faisaient entrave à leur action syndicale. Les grévistes ont physiquement bloqué le passage aux agriculteurs venus vendre leur fibre et des actes de violence s’en sont suivis. Les agriculteurs ont tiré sur des grévistes : trois sont morts et huit autres ont été blessés. Après la tuerie, le ministère du Travail de la province a pris charge des négociations avec les grévistes et réglé le conflit. Ultimement, les tribunaux ont prononcé une déclaration de culpabilité contre 138 grévistes et c’est le syndicat de ces derniers qui a versé les cautions. Les agriculteurs furent arrêtés et accusés de divers chefs en dehors du meurtre. Pour plus d’information, consultez cet article paru dans le Kapuskasing Times (en anglais seulement).
Kathleen Wynne assermentée à titre de première femme et première lesbienne à occuper la plus haute fonction élue de l’Ontario (2013)
Kathleen Wynne est née à Toronto en 1953. Elle a des antécédents professionnels en médiation, en éducation et en militantisme communautaire. Alors que le conservateur Mike Harris était premier ministre, Wynne a fondé Citizens for Local Democracy afin de lutter contre la fusion du Grand Toronto décrétée par le gouvernement provincial. Elle a aussi contesté des compressions dans l’éducation comme membre de l’Ontario Education Alliance. Wynne a été élue conseillère scolaire en 2000, puis députée libérale provinciale en 2003. Elle a été réélue en 2007, 2011 et 2014. Wynne a été ministre de l’Éducation, des Transports, des Affaires municipales et du Logement ainsi que des Affaires autochtones. En janvier 2013, elle a remporté la course à la direction du Parti libéral et a été élue première ministre le mois suivant, soit en février. Après que le NPD et le Parti conservateur ont voté contre le budget, une élection a été déclenchée et Wynne a été réélue à son poste, cette fois à la tête d’un gouvernement majoritaire, en juin 2014. Pour plus d’information, consultez cet article de L’Encyclopédie canadienne.
13 février : Début de la grève étudiante au Québec (2012)
Cette grève contre la hausse des frais de scolarité a duré de février à septembre. Ce fut la plus longue grève étudiante de l’histoire du Québec et du Canada. Elle a commencé lorsque plus de 60 000 étudiants ont formé une coalition temporaire, la CLASSE (Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante). Peu après, se sont jointes au mouvement la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Au total, 310 000 des 400 000 étudiants de niveau postsecondaire ont pris part à la grève. Des manifestations ont eu lieu partout dans la province, dont certaines violentes. En mai, l’Assemblée nationale a adopté le controversé projet de loi 78 pour forcer le retour des étudiants sur les bancs d’école et limiter leurs droits de manifester légalement. Le 1er août, Jean Charest a plongé la province en campagne électorale et la grève étudiante est devenue un des principaux enjeux de cette élection. Le Parti Québécois s’est engagé à abroger la loi 78 et à annuler la hausse des frais de scolarité. Il a été élu et a respecté ses engagements. Pour plus d’information, consultez cet article de L’Encyclopédie canadienne.
14 février : Grève sauvage de quatre mois déclenchée par des travailleurs québécois de l’amiante (1949)
Au Québec, 5 000 mineurs – pour la plupart à l’emploi de mines de propriété américaine et membres de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) – ont débrayé illégalement pour dénoncer leurs salaires et leurs conditions de travail. Cette grève s’inscrivait dans de plus grands conflits et une vive tension politique au sein de la province. Une vaste majorité des travailleurs étaient francophones tandis que les dirigeants et les propriétaires étaient des Anglophones. Le premier ministre conservateur Maurice Duplessis était antisyndical. Les grévistes avaient l’appui de l’Église catholique romaine. La grève a pris fin après que seulement quelques demandes avaient été satisfaites. Cette grève est perçue comme un événement précurseur de la Révolution tranquille au Québec. Pour plus d’information, consultez cet article de L’Encyclopédie canadienne et cet cet article article du Musée canadien des droits de la personne.
15 février : Grève de tailleurs contre Eaton à Toronto (1912)
Lorsque des tailleurs à l’emploi d’Eaton se sont fait demander d’effectuer ce qu’ils percevaient comme du travail relevant de femmes non qualifiées sans rémunération supplémentaire, ils ont fait la grève. Pour plus d’information, consultez cet article paru dans le Torontoist (en anglais seulement).
Mort de 84 membres d’équipage dans le naufrage de la plate-forme de forage Ocean Ranger au large des Grands Bancs de Terre-Neuve (1982)
L’Ocean Ranger était à l’époque la plus grande plate-forme de forage pétrolière sur la planète. La plate-forme a chaviré et a été engloutie au large des côtes de Terre-Neuve pendant une puissante tempête. La plate-forme – propriété d’Ocean Drilling and Exploration Co. (ODECO) de la Nouvelle-Orléans – était alors exploitée sous contrat par Mobil Oil Canada Ltd. Après le naufrage, une commission royale fédérale-provinciale a été mise sur pied pour étudier la catastrophe et ses causes sous-jacentes. La tenue de cette commission a permis d’améliorer de façon marquée la formation et la sécurité sur les plates-formes de forage. Pour plus d’information, consultez cet articlede L’Encyclopédie canadienne.
17 février : Reconnaissance par le gouvernement fédéral des droits de négociation des travailleurs canadiens (1944)
Durant la Deuxième Guerre mondiale, le Conseil privé du Canada a statué sur l’obligation légale des deux parties à entamer une négociation collective de bonne foi ainsi que l’interdiction des pratiques déloyales de travail. Pour plus d’information consultez cet article de la CBC (en anglais seulement)
20 février : Annulation du projet Avro Arrow par les conservateurs de Diefenbaker (1959)
Le développement de l’avion militaire le plus technologiquement avancé de l’époque, l’Avro Arrow, a débuté en 1949. Alimenté par le sentiment de guerre froide et le besoin de défendre le Nord canadien contre les Soviétiques, le projet a reçu des millions de dollars en subventions du gouvernement fédéral. Un total de 14 000 personnes ont perdu leur emploi lorsque les conservateurs ont annulé le projet en raison de ses coûts jugés trop élevés. Pour plus d’information, consultez cet article de L’Encyclopédie canadienne.
25 février : Débrayage de 500 couturières pour dénoncer les conditions d’atelier de misère dans l’industrie de la confection à Toronto (1931)
Plus de 500 membres de l’Union internationale des ouvriers et ouvrières du vêtement pour dames (ILGWU) ont débrayé pour revendiquer une augmentation de salaire de 15 %, la reconnaissance syndicale et le droit à l’arbitrage. Malgré leurs conditions de travail extrêmement difficiles, les grévistes ne jouissaient pas de l’appui du grand public. La grève a duré deux mois sans que les demandes des grévistes soient satisfaites au bout du compte. Pour plus d’information, consultez cet article du Torontoist (en anglais seulement).
27 février : Vol inaugural du CSeries 300 de Bombardier à Montréal (2015)
Le premier vol d’essai du CSeries 300 de Bombardier a décollé de l’aéroport Mirabel de Montréal. L’avionneur avait alors reçu 240 commandes fermes pour le nouvel avion. Malgré les délais initiaux et les problèmes budgétaires survenus au cours du projet, la commercialisation du nouvel appareil est prévue au terme du nombre requis de vols d’essai. Pour plus d’information, consultez cet article de la CBC (en anglais seulement).