«La classe locataire» : Le logement, une lutte des classes


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La crise du logement au Canada n’est pas vraiment une « crise », mais plutôt une lutte. Une lutte des classes au sein de laquelle les citoyens devraient choisir leur camp, selon l’économiste politique Ricardo Tranjan, auteur de l’essai La classe locataire, traduit récemment en français chez Québec Amérique. « Quand on utilise le terme “crise”, ça ne nous aide pas à avoir un débat politisé sur la question, parce que ça nous amène à penser que ce n’est la faute de personne, que tout le monde est dans le même bateau », explique le chercheur au Centre canadien de politiques alternatives, à Ottawa, en entrevue avec Le Devoir. Êtes-vous d’accord pour qu’un petit groupe d’entreprises et de personnes bien nanties accapare une immense portion des salaires d’environ un tiers de la population canadienne ? C’est cela que permettent et même encouragent les lois, les institutions et les normes morales en place, souligne M. Tranjan. Cette dynamique, par laquelle des propriétaires font du profit sur le dos des locataires, est pourtant occultée des débats publics actuels et des stratégies de logement gouvernementales, remarque-t-il. À ceux qui sont tentés de rester neutres, M. Tranjan lance un message dès les premières pages avec une citation de Myles Horton et Paulo Freire : « La neutralité n’existe pas. Les gens qui utilisent ce terme sont ceux qui, sans le savoir, pour la plupart, soutiennent majoritairement le statu quo. »

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