Lorsqu’il prit le pouvoir en France, le 9 novembre 1799 (le 18 Brumaire), Napoléon Bonaparte proclama : « La patrie n’a pas de plus zélé défenseur que moi… Venez avec nous en rendre grâce aux dieux. » Plus tard, il ajouta : « que la patrie sans nous était perdue et nous la sauvâmes ». À l’occasion de son discours suivant sa victoire à l’élection américaine du 8novembre 2016, Donald Trump a déclaré : « Dieu m’a épargné pour une bonne raison, celle de sauver notre pays et restaurer la grandeur de l’Amérique. » Il a repris cette vision fantasmagorique lors du rassemblement républicain tenu à Washington le 19 janvier dernier en rappelant que Dieu l’avait épargné, faisant référence à l’attentat récent dont il a été victime et qui l’a blessé à l’oreille. Les déclarations de ces deux chefs « providentiels », même séparées par 225 ans d’histoire, expriment l’essence même de ce qu’est le « bonapartisme », explique le chargé de cours André Lamoureux dans un texte piublié par Le Devoir.