Bien que différents travaux aient été réalisées sur le tournant néolibéral de l’État québécois durant les années 1980, beaucoup de choses restent à découvrir sur ses répercussions dans la société québécoise. C’est ce que la chargée de cours du Département d’histoire Camille Robert a cherché à démontrer dans sa thèse de doctorat, peut-on lire sur Actualités UQAM. Plusieurs économistes, politologues et sociologues ont écrit sur l’État-providence, mais sa remise en cause à travers le néolibéralisme a été peu étudiée dans une perspective historique, notamment avec une approche féministe basée sur un corpus de sources orales et textuelles. La jeune chercheuse s’est aussi intéressée à cette période de l’histoire pour combler le manque de recherches sur le syndicalisme québécois. «On connaît bien le rôle joué par les Fronts communs intersyndicaux des années 1970, mais peu d’études ont porté sur les syndicats du secteur public entre 1980 et 1990 ainsi que sur les transformations des conditions de travail des personnes employées, des femmes en grande majorité: 66 % en éducation et 75 % en santé», rappelle Camille Robert. La chargée de cours a voulu considérer le travail de reproduction sociale accompli par les employées du secteur public: éduquer les jeunes, soigner des personnes malades, prendre soin de leurs propres enfants et de leurs proches. «Ce sont aussi des femmes qui cherchent à faire entendre leur voix dans un mouvement syndical encore largement dominé par les hommes.»