Elles ont eu peur. Elles veulent fuir. Elles sont prêtes à tout laisser derrière elles. Et quand elles ont frappé à la porte d’un refuge pour femmes victimes de violence conjugale… on leur a dit non. Pas par insensibilité. Pas par manque de volonté. Par manque de place. Par épuisement des ressources. Au final, ce sont les victimes qui se retrouvent prises au dépourvu. C’est le cri du cœur lancé ces jours-ci par les maisons d’hébergement d’un bout à l’autre du Québec. Leurs chambres sont pleines, leur personnel est exténué, et leurs subventions ne suffisent plus à répondre à la demande. Et pendant ce temps, la violence, elle, ne prend pas congé. « On parle de femmes et d’enfants qui fuient la violence . Qui cherchent une chance de recommencer ailleurs, en sécurité. Et elles ne peuvent pas y arriver parce qu’il manque des ressources ? C’est révoltant. », dénonce Nadine Bédard-St-Pierre, vice-présidente de la CSQ. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Plus de 60 000 appels ont été logés à l’organisme SOS Violence conjugale l’an dernier, un sommet historique. Les refuges, eux, n’ont pas vu leurs budgets suivre cette explosion des besoins. Conséquence : des refus, des listes d’attente, des ruptures de services. Et parfois, le silence. Parce qu’on n’a plus rien à offrir. « Il y a des femmes qui doivent retournent chez leur agresseur faute de solution. Il y a des enfants qu’on replonge dans un milieu de vie empreint de violence, d’insécurité.. Tout ça, parce qu’on n’a pas jugé bon de financer correctement les organismes communautaires », dénonce Nadine Bédard-St-Pierre.