Le 10 novembre dernier, des centaines d’étudiantes et d’étudiants ont manifesté à Montréal et à Québec pour réclamer la rémunération de tous les stages. Soutenu par la CSQ, le mouvement étudiant dénonce une injustice qui perdure : le travail gratuit, concentré en grande partie dans des secteurs à prédominance féminine, demeure invisible et dévalorisé. Chaque année, plus de 120 000 personnes effectuent un stage dans le cadre de leur formation collégiale ou universitaire. Or, seule une minorité reçoit un salaire. La plupart des stages rémunérés se trouvent dans des domaines traditionnellement masculins, comme le génie, l’informatique ou les sciences. Pendant ce temps, les secteurs de l’éducation et de la santé, où les femmes sont majoritaires, concentrent à eux seuls plus de 60 % des stages non rémunérés. « Ce n’est pas pour faire du bruit, mais pour rappeler une injustice que tout le monde connaît », a dit Sadou Diallo, président de l’association étudiante qui représente l’ensemble de la communauté étudiante de l’Université du Québec à Chicoutimi (MAGE-UQAC), dont Radio-Canada rapporte les propos. Avec d’autres étudiantes et étudiants venus de partout à travers le Québec, Sadou Diallo a bravé la tempête avec des collègues de l’UQAC pour réclamer la fin d’un système qui, selon eux, exploite leur travail. « Sans salaire, on maintient les étudiantes et étudiants dans la précarité, rappelle le Syndicat national des stagiaires en éducation (SNSQ-CSQ). Ne pas rémunérer les stages entretient également les inégalités. Les entreprises et le secteur public profitent d’une main-d’œuvre gratuite ou bon marché, pourtant qualifiée et essentielle à l’évolution des pratiques et à la transmission des savoirs. »