Un devoir de mémoire pour les femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones


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En janvier 1992, le corps de Cheryl Ann Joe est retrouvé dans le Downtown East Side, un quartier de Vancouver connu pour son extrême pauvreté. Cheryl Ann était membre de la Nation shíshálh, située sur la côte sud (Sunchine Coast) de Colombie Britannique. Le 14 février suivant, Linda, sa mère et quelques dizaines de personnes se rassemblent à l’endroit où la macabre découverte a été faite en mémoire de Cheryl Ann. Ce qui se voulait à l’origine un événement communautaire est devenu une tradition. En effet, depuis 34 ans, cette initiative a été reprise un peu partout. De nos jours, c’est dans plus de 20 villes aux États-Unis et au Canada, dont à Montréal, qu’une Marche commémorative est organisée le 14 février. Depuis la première marche, le nombre de femmes, de filles et de personnes bispirituelles autochtones disparues sans laisser de traces atteint des sommets astronomiques. Les femmes autochtones sont 4 fois plus susceptibles d’être victimes d’actes violents que les femmes non autochtones. Elles représentent 16 % des victimes d’homicide et 11 % des femmes disparues alors que les autochtones ne constituent que 4,3 % de la population canadienne (source). L’Assemblée des Premières Nations revendique la mise en place des actions issues de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Partout, on entend des messages de solidarité, de bonne volonté. Pourtant, il n’y a pas eu de grands changements dans les dernières années. Avec son projet de loi 1 (loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec), le gouvernement caquiste nie, une fois de plus, le droit à l’autodétermination des 11 peuples autochtones qui partagent la province avec nous. Tout récemment, Sipi Flamand, chef atikamekw (communauté de Manawan) s’est vu refusé l’entrée à une salle d’audience à l’Assemblée nationale avec son bâton d’aigle, un objet spirituel. Les tentatives de réconciliation sont très superficielles et tentent souvent de nier la culture et les traditions des Premiers Peuples.