Ce sont 20 000 emplois du secteur des télécommunications souvent spécialisés et bien rémunérés qui, depuis 10 ans, ont déménagé du Canada vers des pays comme les Philippines, l’Égypte et la Roumanie. Cela représente un enjeu économique, stratégique et de sécurité d’une ampleur nationale, affirment des syndicats canadiens dans des démarches qu’ils mènent ces jours-ci auprès d’élus fédéraux, rapporte La Presse. « Avec la menace qui pèse sur notre économie et notre souveraineté, nous devrions faire tout en notre pouvoir pour garder ces emplois au Canada », a affirmé mercredi le président national du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Mark Hancock. Le SCFP, Unifor et le syndicat des Métallos ont envoyé des représentants sur la colline Parlementaire à Ottawa cette semaine pour rencontrer des élus de tous les partis politiques et faire valoir leur position. Ils s’inquiètent que les géants canadiens des télécommunications, dont Bell, Rogers, Telus et Vidéotron, ne fassent pas seulement que déménager à l’étranger leurs centres d’appels, mais qu’ils confient aussi de plus en plus à des professionnels établis à l’extérieur du Canada des tâches stratégiques et des emplois souvent bien rémunérés. « De plus en plus, on remplace des emplois très bien rémunérés, entre 75 000 et 85 000 $ annuellement, affirme le président du Conseil provincial du secteur des communications du SCFP Québec, Brian Leclerc. Ces entreprises reçoivent en plus de nos gouvernements des contrats qui valent des centaines de millions de dollars, pour des services qui sont gérés à l’étranger. Nos impôts financent cette délocalisation, ça n’a juste aucun sens. »