Durant la dernière année, le gouvernement de François Legault a multiplié les mesures contraignantes à l’encontre du syndicalisme au Québec. La proximité de la Coalition Avenir Québec (CAQ) avec le monde des affaires peut expliquer son biais défavorable aux organisations qui défendent l’intérêt des travailleurs et des travailleuses. Il n’en demeure pas moins que plusieurs des politiques antisyndicales – et antidémocratiques – mises de l’avant par le gouvernement sont fondées sur une analyse erronée du rôle des syndicats dans la société québécoise et des conséquences de leur présence. Dans cette série d’articles, l’IRIS déboulonne les mythes sur le syndicalisme et met en relief la grande diversité des enjeux liés à l’action de ces regroupements de salarié·e·s. Un argument que l’on entend souvent contre les syndicats est qu’ils protègeraient les « pommes pourries » : ces employés incompétents et/ou problématiques que tous leurs collègues aimeraient voir partir mais que les syndicats protègeraient par réflexe corporatiste. Une culture de la médiocrité et du copinage règnerait dans la gestion des dossiers disciplinaires. Il faut toutefois savoir que les syndicats ont l’obligation légale de représenter tous leurs membres. En effet, en vertu de l’article 47.2 du code du travail, « une association accréditée ne doit pas agir de mauvaise foi ou de manière arbitraire ou discriminatoire, ni faire preuve de négligence grave à l’endroit des salariés compris dans une unité de négociation qu’elle représente, peu importe qu’ils soient ses membres ou non. » Un membre d’un syndicat qui aurait commis une faute professionnelle grave et qui ne recevrait aucune représentation de son syndicat est autorisé à entreprendre des recours légaux contre ledit syndicat, lequel a l’obligation d’agir de bonne foi dans son dossier.
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