Les étudiants québécois ont été séduits par l’intelligence artificielle (IA) et la grande majorité d’entre eux l’utilisent pour leurs études, parfois en dépit des consignes de leurs professeurs, montre un sondage SOM-Radio-Canada soumis à un échantillon représentatif de plus de 600 étudiants québécois âgés de plus de 16 ans, donc à la fin du secondaire, au cégep ou à l’université. « Le feu est pris », avertissent des observateurs, qui appellent écoles, cégeps et universités à « agir ». Portrait d’un système éducatif secoué par l’IA. Une IA adoptée à grande échelle par les étudiants (76 %), beaucoup de tricherie (31 %), le tout dans un cadre réglementaire flou (46 %) : les résultats sont pour le moins inquiétants, selon des experts de l’IA et du plagiat et d’autres acteurs du milieu de l’éducation et de l’enseignement supérieur. Les trois quarts des étudiants sondés utilisent l’IA dans un contexte scolaire, et 60 % des répondants l’emploient régulièrement, de plusieurs fois par mois à plusieurs fois par jour, selon notre sondage. À l’université, l’utilisation est encore plus généralisée : seulement 1 % des étudiants n’ont jamais recours à l’IA, et 71 % l’emploient régulièrement. Tant à la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ) qu’à la Fédération des professeures et professeurs d’université (FPPU), on n’a pas tendance à reprocher aux étudiants leur tendance à avoir recours à l’IA de manière proscrite. Il y a une pression à la performance. «C’est normal de vouloir améliorer le résultat de manière facile et accessible
, commente Benoît Lacoursière, président de la FNEEQ. Mais la tendance à confier à l’IA le travail cognitif affecte la capacité d’apprentissage
, ce qui devrait nous inquiéter», insiste-t-il. Voilà pourquoi ce que le gouvernement a fait jusqu’à présent est selon lui bien insuffisant. «Ça a pris deux ans et demi pour avoir des balises [émanant du ministère de l’Enseignement supérieur] afin d’encadrer l’IA et ce qu’on a constaté du gouvernement, c’est une forme d’attentisme.
» Illustration : Mathieu Blanchette