Ils ont eu la « piqûre » pour la francisation des adultes, mais certains d’entre eux ont été contraints de retourner à l’enseignement régulier l’an dernier en raison de restrictions budgétaires imposées par l’État, tandis que d’autres hésitent. Ils se retrouvent ainsi à devoir choisir entre un travail « motivant » et une meilleure sécurité d’emploi, rapporte Le Devoir. Il y a une dizaine d’années, Vincent Vachon était résolu à abandonner complètement le milieu de l’enseignement. Il avait été parachuté dès la fin de ses études universitaires dans différentes écoles secondaires de l’Estrie pour effectuer de la suppléance dans des classes « problématiques ». C’est donc après avoir enfilé une série de « petits contrats temporaires » pendant deux ans que l’enseignant, résolu à quitter la profession « en raison des conditions qui sont exécrables », a décidé de donner d’abord sa chance à la formation générale aux adultes. Il a alors commencé à donner des cours de francisation aux nouveaux arrivants. « Ça a été vraiment le coup de foudre », raconte M. Vachon, qui enseigne en francisation depuis. « J’ai eu la piqûre. » L’enseignant a toutefois perdu temporairement son emploi dans la foulée des coupes majeures en francisation effectuées l’automne dernier par l’État québécois, qui a depuis remis des fonds dans cette enveloppe. « J’ai été chanceux, je n’ai pas été obligé d’aller enseigner au secondaire. La direction m’a offert un emploi en alphabétisation » pour les personnes nouvellement arrivées au pays, raconte M. Vachon, qui a occupé ce poste pendant quelques mois avant de retrouver son emploi de prédilection, en francisation. Une « chance » que beaucoup n’ont pas eue, reconnaît-il : plusieurs de ses collègues ont été « forcés » dans les derniers mois de « retourner dans le secteur des jeunes » ou de changer de carrière.