Secteur communautaire : La première ligne au bord de l’épuisement


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Le secteur communautaire du Québec est le principal répondant aux défis sociaux complexes auxquels nous faisons face. Le secteur lui-même est en crise. Mais ce n’est pas celle dont on parle habituellement, écrit Sam Watts, PDG de Mission Bon Accueil, dans La Presse. Nous commençons à peine à suivre des indicateurs comme les listes d’attente et la demande de services. Ce que nous mesurons rarement, c’est le coût humain de maintenir à flot des systèmes qui ne fonctionnent plus comme prévu. L’épuisement professionnel est devenu si normalisé dans le secteur communautaire qu’on ne le reconnaît même plus pour ce qu’il est réellement : une conséquence prévisible de choix structurels. Dans toutes les régions du Québec, les intervenantes et les intervenants de première ligne répondent à l’itinérance, à l’insécurité alimentaire, à l’aggravation de la pauvreté, aux problèmes complexes de santé mentale et de dépendance, aux traumatismes et aux défaillances chroniques des systèmes. Le niveau de complexité a changé. Les enjeux ont changé. Pourtant, la façon dont nous finançons, gouvernons et dirigeons ce secteur est demeurée essentiellement la même. Les travailleuses et les travailleurs de première ligne du secteur communautaire sont profondément empathiques et motivés par le changement social à long terme. Lorsqu’ils s’épuisent au début de leur carrière, nous ne perdons pas seulement de la capacité aujourd’hui : nous vidons le bassin de relève pour demain. L’épuisement professionnel dans le secteur communautaire n’est pas un échec individuel. C’est le résultat d’un système.