Retards, erreurs et désespoir : Le bilan caché du virage numérique de l’aide sociale


Classé dans : Monde social et de l’éducation | 0

Un an après son déploiement, le nouvel algorithme de l’aide sociale, censé simplifier et humaniser les services, s’est transformé en une machine insensible qui aggrave la précarité et multiplie les drames, dénoncent les organismes de défense des droits avec lesquels Enquête de Radio-Canada a parlé. Enquête a suivies quelques personnes pendant neuf mois après le déploiement du nouvel algorithme. Nous avons voulu vérifier si les problèmes rapportés pouvaient relever d’un simple manque de rodage. La perte de documents est un fléau, alors que les erreurs et les délais de traitement ont considérablement augmenté, surtout dans les cas plus complexes ou en révision. « Les défaillances du système aggravent l’isolement et la précarité au lieu de les soulager, insiste David Bouchard, ancien intervenant à l’Action Plus Estrie. La détresse des gens, c’est quelqu’un qui apprend qu’il va perdre son logement demain matin. La détresse des gens, c’est quelqu’un qui ne sait pas où est le plus proche organisme d’hébergement pour les personnes itinérantes parce qu’il vient d’apprendre qu’il l’est [devenu] aujourd’hui, et il faut que j’aille le mener. Et j’ai l’impression d’amener quelqu’un à l’abattoir. » Un changement radical apporté par cette réforme est la disparition de l’agent attitré. Auparavant, un prestataire pouvait compter sur un fonctionnaire qui connaissait son dossier du début à la fin. Désormais, les dossiers sont numérisés et fractionnés en tâches distinctes, qui sont ensuite assignées à des agents dispersés dans différentes régions, selon leur disponibilité. « Les conséquences sont multiples, et elles sont graves », affirme le président du syndicat qui représente les agents d’aide sociale, Christian Daigle.

Autres textes liés à l’itinérance et au logement (avec la collaboration du RAPSIM) :
Violations de droits : Soutenir la participation démocratique des personnes marginalisée.
Le logement, angle mort de la sécurité des femmes.
En quête de solutions : Multiplier les coops et non les restreindre.
« Il n’y a personne qui va être mis à la porte » des coops d’habitation, assure la ministre Proulx.
Laval : Feu vert à un mégachantier de logements abordables.
Durcir la loi P-38 sur la santé mentale? Quand la démagogie s’empare du débat public.
Des groupes communautaires demandent à Québec de reculer sur l’intégration de deux fonds.
Les travailleuses du sexe réclament de meilleures conditions de travail.
Migrantes précaires et violence conjugale : quels recours?
Quartier chinois : Oui, la cohabitation sociale est possible.
À Montréal, l’archipel contre les dépendances chez les autochtones.
Près de 8 millions en profits dans la vente de terrains pour des logements sociaux à Montréal.
Bilan mitigé pour une initiative fédérale visant à accélérer la construction de logements.
Des compressions budgétaires ont raison d’une clinique dentaire pour patients vulnérables.
La Presse au Vermont : Une maison à une fraction du prix.
La Presse en Suisse : Bien logés dans un pays hors de prix.
La Presse en Nouvelle-Zélande : Maisons moins chères, familles comblées.
En quête de solutions : Osons loger tout le monde.