Restaurer l’autorité à l’école pour attirer la relève en enseignement


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Depuis des années, on multiplie les réformes, les plans d’action et les slogans pour améliorer notre système d’éducation. Pourtant, le malaise s’accentue. Le véritable problème, celui qu’on n’ose pas nommer, c’est la perte d’autorité des enseignants dans les classes. Et quand l’autorité s’effrite, c’est tout le climat d’apprentissage qui s’effondre, écrit Robert Durocher, enseignant retraité de science au secondaire, auteur des livres Enseigner avec passion et Dire l’école… de toutes ses voix, dans un texte publié par Le Devoir. Chaque jour, des professeurs se retrouvent devant des groupes où quelques élèves suffisent à faire dérailler le déroulement d’un cours. Quand ils décident, pour le bien du groupe, d’expulser un élève qui perturbe la classe, leur décision est souvent annulée par la direction ou un autre intervenant de l’école : on renvoie aussitôt l’élève dans le même local, sous prétexte qu’il doit être éduqué. Or, ce geste, aussi bien intentionné soit-il, détruit symboliquement l’autorité du professeur. Il laisse croire aux élèves qu’il n’existe plus de conséquence réelle à leurs comportements et qu’un adulte ne peut pas imposer de cadre clair sans être désavoué. La philosophe Hannah Arendt, dans La crise de la culture, l’avait pourtant bien vu : « Si l’enseignant n’exerce pas d’autorité dans la classe, ce sont les élèves qui l’exerceront. » Autrement dit, là où l’adulte renonce à assumer son rôle, le pouvoir ne disparaît pas : il se déplace. Et lorsqu’il passe entre les mains de certains élèves, ce n’est plus l’école qui éduque, mais le groupe qui impose ses propres règles — souvent au détriment des plus fragiles et de ceux qui veulent apprendre.