Redoublement : Des enseignants sous pression, leurs avis ignorés


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Environ deux enseignants sur cinq, tant au primaire qu’au secondaire, affirment que certains élèves qui auraient dû redoubler leur année ou être dirigés vers une classe spécialisée ont « passé leur année » en dépit de leur recommandation – parfois, sur fond de pressions émanant des directions d’école ou des parents, rapporte La Presse. Selon les résultats d’une consultation réalisée par la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), plus de 40 % des enseignants titulaires (41,8 % au primaire et 42,2 % au secondaire) ont déclaré qu’au moins un élève pour qui un redoublement ou le passage en classe spécialisée était suggéré avait plutôt été promu au niveau supérieur. Près du quart (22,8 %) des titulaires de classe de primaire qui ont répondu au questionnaire soutiennent avoir subi de la pression pour promouvoir au niveau supérieur un ou des élèves. Au secondaire, cette proportion est de 29 %. L’opposition au redoublement émane principalement du parent ou du tuteur, de la direction d’école, ou elle est attribuable au manque de places en classe spécialisée. Les chiffres sont tirés d’un sondage web⁠1 réalisé en novembre et en décembre 2025, auquel ont participé près de 5700 professionnels de l’enseignement primaire et secondaire. Et derrière les données se cache une réalité tangible qui alourdit considérablement la tâche enseignante : la « modification des attentes »2, régime consistant à adapter les activités d’apprentissage pour les élèves en difficulté, mais en classe ordinaire. Que faut-il retenir de l’étude ? « C’est un cri du cœur, plaide Richard Bergevin. Le premier message, c’est de respecter le jugement professionnel des enseignants. Environ un quart d’entre eux ont subi de la pression après avoir communiqué le jugement [sur un redoublement ou un classement]. L’autre, c’est que c’est un problème qu’il est urgent de régler. »