Rafael Jacob : Il faut en prendre et en laisser à propos de menaces de Trump contre l’ACEUM


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Dans la liste des prédictions faciles pour 2026, celle-ci trône probablement au sommet du classement : nous aurons droit à des déclarations intempestives du président américain au sujet de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) qui, après cinq ans, est mûr pour son premier réexamen collectif, comme cela avait été prévu en 2020, écrit Rafael Jacob, chargé de cours et chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand, dans L’actualité. Ces déclarations ont même déjà commencé, Donald Trump et son représentant au commerce, Howard Lutnick, laissant entendre ouvertement que l’entente pourrait être abrogée. C’était écrit dans le ciel. Et une vision froide s’impose d’emblée. Bien que tout soit théoriquement possible et que Trump demeure un être souvent imprévisible, les contraintes limitant la portée du président sur le dossier méritent d’être gardées en tête. Tout d’abord, il est loin d’être certain que le président a le pouvoir unilatéral de retirer les États-Unis de l’entente. Puisque l’ACEUM, un peu à l’instar de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) qu’il est venu remplacer, a été adopté par le Congrès, il est pour le moins concevable que ce dernier doive également voter pour y mettre fin. C’est d’autant ce que stipule le comité du Sénat américain responsable de se pencher sur l’implantation de l’ACEUM. Même advenant qu’une cour de justice accorde au président le pouvoir de retirer les États-Unis de l’entente, des questions se poseront rapidement sur son pouvoir politique s’il tente d’aller en ce sens.