Québec a mal géré la fixation des quotas d’admission des étudiants étrangers


Classé dans : Monde social et de l’éducation | 0

Le Québec a ouvert grand ses portes aux étudiants étrangers avant de les refermer rapidement sur eux. Or, les quotas d’admission établis par décret en février dernier sont basés sur une mauvaise analyse de la situation, faite à partir de données erronées et incomplètes, indique le vérificateur général du Québec dans son rapport publié jeudi, rapporte Le Devoir. Les étudiants étrangers seraient par ailleurs de plus en plus nombreux à quitter le Québec après cinq ans, une situation que le gouvernement ignore puisqu’il ne fait pas un suivi adéquat du parcours de l’étudiant après l’obtention de son diplôme, révèle le rapport. Au cours des dix dernières années, attirés par les nombreux moyens mis en œuvre par le Ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) et le ministère de l’Enseignement supérieur [MES], les étudiants étrangers universitaires et au collégial ont connu une croissance importante. Leur nombre a en effet pratiquement doublé entre 2014 et 2024, passant 6,9 % du total des effectifs étudiants à 12,7 %. Les deux ministères ont par la suite voulu corriger le tir au début 2025 en établissant des quotas d’admission par établissement, qui se basait notamment sur le nombre de Certificat d’Acceptation du Québec (CAQ) délivrés par le MIFI, plutôt élevé ces dernières années. Or, d’après le vérificateur général, le MIFI aurait dû savoir que le nombre de CAQ délivrés est largement supérieur au nombre d’inscriptions réelles. En effet, entre le moment où un étudiant fait une demande d’admission et son arrivée sur les bancs d’école, en passant par l’émission de son CAQ, beaucoup de choses peuvent se passer : l’étudiant peut se désister, changer d’école ou se voir refuser l’émission de son permis d’étude par Immigration Canada.