Au colloque « Quand l’international fait la une », journalistes et universitaires ont parlé franchement d’une relation devenue incontournable, mais instable, à l’ère de l’urgence médiatique et de la désinformation, peut-on lire sur Affaires universitaires. À Montréal, fin janvier, l’international ne se traite plus à distance. Il s’impose dans les manchettes, traverse les débats politiques et s’invite jusque dans les conversations du quotidien. C’est dans ce contexte que s’est tenu le colloque « Quand l’international fait la une : tensions entre recherche et médias », organisé par le Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal les 29 et 30 janvier. Pendant deux jours, journalistes, chercheuses, chercheurs, étudiantes et étudiants ont mis cartes sur table pour comprendre pourquoi une relation pourtant essentielle fonctionne de plus en plus sous tension. Dès l’ouverture, les journalistes et chroniqueurs Paul Wells et Chantal Hébert ont posé le diagnostic. Si l’international occupe aujourd’hui autant de place dans l’espace public canadien, ce n’est pas par effet de mode. C’est parce qu’il est devenu de la politique intérieure. Les conflits armés, les relations avec les États-Unis, les décisions prises à l’étranger entraînent des répercussions immédiates ici. Pour les journalistes, cela signifie traiter des dossiers complexes, souvent hors de leur champ de spécialisation, dans des délais toujours plus serrés. Dans ce contexte, les chercheuses et chercheurs deviennent des ressources clés. Appeler une experte ou un expert, c’est souvent une manière de vérifier un fait, de nuancer une analyse, d’éviter un raccourci. Mais cette dépendance accrue ne se traduit pas automatiquement par une collaboration fluide. Elle repose sur des attentes rarement explicitées et sur des réalités professionnelles profondément différentes.
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