Au-delà des répercussions financières de la diminution des étudiantes et étudiants internationaux pour les établissements, les récentes règles ont des effets bien réels sur la recherche, peut-on lire sur Affaires universitaires. Demandes d’admission de l’étranger en chute libre, difficulté à recruter aux cycles supérieurs, retards dans les projets de recherches… Les diminutions du nombre de permis d’études internationaux par le fédéral, puis par Québec, commencent à se faire sentir sur le terrain. En plus des conséquences financières pour les établissements, c’est la recherche qui en souffrira. « Les professeurs sont occupés ; ils doivent enseigner, ils ont une foule de tâches administratives, ce qui fait que dans plusieurs disciplines, la recherche se fait par une armée de professionnels de recherches, de postdoctorants et de doctorants », rappelle Olivier Bégin-Caouette, professeur au Département d’administration et fondements de l’éducation de l’Université de Montréal. « En tant que professeur, le temps que je peux consacrer au laboratoire est réduit. Je suis plutôt un gestionnaire », confirme Federico Galli, professeur au département de génie chimique et de génie biotechnologique de l’Université de Sherbrooke. Depuis les années 1990, plusieurs universités canadiennes ont voulu compenser les baisses de financement fédéral par le recrutement à l’étranger. « Le Québec était dans une dynamique différente et focalisait peu sur ce recrutement », se souvient M. Bégin-Caouette. Pour les universités québécoises, les étudiantes et étudiants internationaux ne sont pendant longtemps pas une source de revenus importante, comme la majorité du recrutement se fait dans le cadre d’ententes d’exemption de droits de scolarité.