La pression pour ramener les cols blancs en présentiel s’accentue. Plusieurs entreprises du secteur privé ont exigé que leurs employés reviennent au bureau. En Ontario, les fonctionnaires sont de retour à temps plein alors qu’au Québec, ils devront revenir au moins quatre jours par semaine dès juillet. Les travailleurs et les experts s’expliquent mal ce recul. Un dossier de notre chroniqueuse Nathalie Collard dans La Presse. La pression est forte pour ramener les employés dans les tours de bureaux des centres-villes. À la mi-janvier, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain a fait une sortie médiatique remarquée, plaidant en faveur du retour au bureau des fonctionnaires pour relancer la vie économique du centre-ville. Les recherches montrent qu’il n’y a pas vraiment de nombre de jours idéal en télétravail. « C’est avant tout la manière dont le mode hybride est géré, ainsi que l’appui reçu de la part de l’organisation et du supérieur immédiat qui explique la satisfaction et l’engagement des employés », selon la professeure Sylvie St-Onge de HEC Montréal. « Par contre, le passage à plus de trois jours au bureau est souvent perçu négativement par les employés, car cela dépasse le seuil de la moitié du temps de travail », précise-t-elle. Les pressions pour ramener les cols blancs dans les bureaux vont à l’encontre du gros bon sens, selon Diane-Gabrielle Tremblay, titulaire de la Chaire de recherche sur les enjeux socio-organisationnels de la société du savoir. « Beaucoup d’employeurs affirment, sans données chiffrées, que le télétravail nuit à la productivité, souligne cette chercheuse émérite. Pourtant, dans des secteurs comme la traduction, le télétravail a été instauré dès ses débuts précisément pour accroître la productivité, car le calme du domicile permettait d’abattre plus de travail que dans des bureaux bruyants. Dans la fonction publique, le travail professionnel – comme la conception et la révision – est difficile à mesurer, mais les données disponibles ne montrent aucune baisse globale d’efficacité. »
• Agence du revenu du Canada : Revenir en présentiel pourrait nuire à la productivité.