Le Québec fait face à une transformation démographique majeure. Le vieillissement de sa population, déjà amorcé, s’accélère, ce qui entraîne de nouveaux défis pour le respect et la protection des personnes aînées en situation de vulnérabilité. Dans ce contexte, il ne suffit plus d’être bienveillant. Pour prévenir la maltraitance et garantir la dignité des personnes aînées, il faut aller plus loin et miser sur la bientraitance. Selon les plus récentes données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), la proportion de personnes âgées de 65 ans et plus ne cesse d’augmenter et devrait atteindre une personne sur quatre d’ici 2031. Cette évolution démographique soulève d’importants enjeux sociaux et collectifs : il faudra adapter les services, renforcer le soutien offert aux personnes aînées et prévenir les situations de vulnérabilité. C’est dans cette perspective que la bientraitance apparaît comme un levier essentiel, puisqu’elle dépasse la simple intention de bienveillance individuelle pour s’incarner en actions et pratiques structurées à l’échelle collective. La maltraitance envers les personnes aînées se définit comme « un geste singulier ou répétitif, ou une absence d’action appropriée, qui se produit dans une relation où il devrait y avoir de la confiance, et qui cause du tort ou de la détresse à la personne ». Une enquête menée en 2019 a révélé que la maltraitance psychologique est la plus fréquemment vécue à domicile par les personnes aînées québécoises. Les facteurs de risque sont l’isolement, la perte d’autonomie, la précarité financière et la présence de troubles cognitifs.