Alors que se terminaient la semaine dernière à Montréal les instances dirigeantes de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), la plus grande organisation de journalistes au monde, les représentantes et représentants de l’organisation et de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN) dénoncent l’hypocrisie du gouvernement fédéral en ce qui a trait à la liberté de presse. Le ministère de l’Immigration à Ottawa a en effet refusé l’octroi de visas à six journalistes membres du comité exécutif de la FIJ, dont deux vice-présidents. Du jamais vu, selon la FIJ. Ces six journalistes proviennent d’Angola, du Cameroun, du Pérou, de Colombie, du Panama et de Palestine. Du côté de la FNCC–CSN, on ne décolère pas. « La FNCC s’oppose à toute ingérence politique entravant le travail journalistique, lequel est un pare-feu essentiel face à la déferlante de désinformation et de mésinformation que nous voyons partout. Hélas, aujourd’hui, le Canada, qui se targue d’être un grand défenseur de la liberté de presse, a failli. En ne délivrant pas les visas nécessaires pour l’entrée au pays de ces journalistes, le gouvernement fédéral les a empêchés d’effectuer leur travail, et ce, sans aucune justification. Et que penser du fait que ces journalistes sont tous issus soit d’Afrique, soit d’Amérique latine ou, encore plus interpellant, de Palestine ? Le ministère de l’Immigration doit se justifier », martèle Annick Charette, présidente de la FNCC–CSN.