Depuis plusieurs années, Sébastien Burdalski, chargé de cours et chercheur à l’institut de recherche en économie contemporaine, observe la montée des mouvements d’extrême droite, notamment en France, en Italie et aux États-Unis et il en parle dans Le Devoir. De nombreux travaux ont montré que ces mouvements ne sont pas « des partis comme les autres ». Comme le rappelle Salomé Saqué dans son livre Résister, ils représentent un danger pour l’État de droit et pour nos démocraties, en particulier pour les droits des minorités. Pendant longtemps, je me disais que le Québec semblait relativement épargné par cette tendance mondiale. Certes, l’extrême droite existe déjà ici sous forme de groupuscules, mais elle ne disposait pas d’une véritable traduction politique dans l’offre partisane ni d’une présence institutionnelle comparable à celle observée dans plusieurs pays européens. Les choses commencent à changer. Précisons d’emblée qu’il ne s’agit pas ici d’accoler des étiquettes pour discréditer des individus. La question est plutôt de comprendre comment les idées d’extrême droite s’installent progressivement dans le débat public afin de pouvoir s’en prémunir collectivement.