Loi 2 : L’avenir de cliniques de dépistage des ITSS compromis


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L’avenir des cliniques Prelib, spécialisées dans le dépistage des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS), est compromis par la loi 2 sur les médecins, rapporte La Presse. Des dizaines de milliers de patients vulnérables risquent de devoir se tourner vers le privé au moment où les ITSS sont en forte hausse à Montréal. « On n’a vraiment pas de visibilité en ce moment. Puis, clairement, ça vient avec un risque de fermeture. Il va y avoir une diminution de l’accès, c’est certain », déplore en entrevue le cofondateur des cliniques médicales Prelib et Quorum, le DMaxim Régimbal-Éthier. « C’est vraiment une situation alarmante. […] On vient de sortir des données préoccupantes sur l’augmentation drastique de la gonorrhée à Montréal. La semaine passée, c’était l’augmentation significative de la syphilis à Québec. On ne peut pas se permettre en ce moment de fermer des cliniques [dont leur dépistage est] l’objectif », plaide le médecin. Il affirme que les cliniques comme Prelib, dont le modèle d’affaires est basé sur la télémédecine, se retrouvent dans l’« angle mort » de la loi 2, qui vient changer le mode de rémunération des médecins. Quelque 95 000 patients ont eu recours aux cliniques Prelib, l’an dernier. Le concept est simple : il suffit de prendre rendez-vous en ligne, d’effectuer un prélèvement en clinique, et le suivi se fait au téléphone par un médecin. Les services sont couverts par la RAMQ. Or, à partir du 1er janvier, les services fournis à distance par un médecin omnipraticien seront rémunérés suivant un tarif de 7,21 $ par tranche de cinq minutes. C’est que la loi 2 vient instaurer une rémunération selon la durée de la consultation à distance, ce qui n’est pas le cas actuellement. En ce moment, le tarif en téléconsultation est le même qu’en cabinet. Cela vient donc réduire considérablement la rémunération des médecins qui pratiquent chez Prelib, explique le DRégimbal-Éthier. « Il est impossible de prélever des frais de bureau suffisants pour maintenir les opérations », écrit-il dans une correspondance adressée au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

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