L’histoire militaire est de retour dans les universités québécoises


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L’histoire militaire est de retour dans les universités québécoises sous forme de balados, de ciné-clubs et même de wargames, rapporte Le Devoir. Les activités du Groupe de recherche en histoire de la guerre (GRHG), dont le quartier général est établi à l’UQAM, témoignent de la vivacité de ce champ d’études qui a longtemps fait l’objet de mépris, voire de suspicion de la part du milieu universitaire. L’historien du fait militaire est souvent perçu comme un amateur de « soldats de plomb » et un passionné d’uniformes, déplore Benjamin Deruelle, le fondateur du GRHG. « C’est un objet sale qui est moins bien vu que les thématiques en vogue », constate le spécialiste de l’idéal chevaleresque du XVIe siècle. S’il est boudé par une partie du milieu universitaire, le fait militaire suscite l’intérêt des étudiants québécois, comme l’a constaté l’historien français à son arrivée à Montréal, en 2016. « J’ai tout de suite eu des étudiants à la maîtrise et au doctorat », dit-il. C’était bien avant l’invasion russe de l’Ukraine, le bombardement de Gaza et le retour en force de l’expansionnisme américain. « L’actualité a entraîné des interrogations nouvelles, malheureusement… » Benjamin Deruelle a fondé le GRHG en 2018 pour fédérer les chercheurs isolés. « C’est un champ d’études qui est encore très émietté au Québec », constate l’historien. Les deux tiers de ses membres sont concentrés au Québec et au Canada, le tiers restant étant éparpillé dans le reste des Amériques, en Europe et en Afrique.