L’escalade militaire, une menace pour notre sécurité


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Le 17 février, Mark Carney a dévoilé la Stratégie industrielle de défense du Canada. Bien qu’elle soit critiquée pour son manque de clarté, si on se fie aux commentaires et opinions rapportés dans les médias, rares sont ceux qui remettent en question l’idée d’ajouter des centaines de milliards de dollars de nos impôts en dépenses militaires. Or, cette orientation éminemment politique revient à prioriser l’économie de guerre au détriment d’autres investissements importants pour la population du Canada, soutiennent de nombreux organismes dont le CCMM et la FNEEQ-CSN dans une lettre publiée par Le Devoir. Nous déplorons le manque de débat démocratique entourant cette orientation qui engage durablement l’avenir social, économique, environnemental et politique du pays. Le Canada a récemment accéléré l’augmentation de ses dépenses militaires afin d’atteindre la cible de 2 % du PIB exigée par l’OTAN, et s’est engagé à tendre vers un objectif de 5 % du PIB d’ici 2035. À terme, les dépenses militaires pourraient représenter le tiers du budget fédéral. Pour l’année 2025-2026 seulement, près de 45 milliards de dollars seront consacrés au ministère de la Défense nationale, une somme appelée à croître de façon soutenue. À lui seul, ce niveau de dépenses porte gravement atteinte à nos priorités collectives. À titre comparatif, le ministère du Logement, de l’Infrastructure et des Collectivités dispose d’environ 9 milliards de dollars, celui de l’Environnement, de 3,1 milliards, et celui de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, de 3,9 milliards. Une seule année de budget militaire permettrait pourtant, par exemple, de doubler pendant plusieurs années les investissements en logement social et communautaire, de financer massivement la transition énergétique et l’adaptation climatique, ou encore de renforcer durablement la souveraineté alimentaire du pays. La Stratégie industrielle de défense prévoit la création de 125 000 emplois. Or, la recherche démontre que les investissements dans le logement, la transition écologique, la santé, l’éducation et l’agroalimentaire créent davantage d’emplois par dollar investi, sur l’ensemble du territoire, tout en répondant à des besoins fondamentaux et en renforçant la résilience économique.