La levée du gel des droits de scolarité et la réduction de l’aide financière aux étudiants, annoncées en février par le premier ministre Doug Ford, passent mal auprès des principaux intéressés en Ontario. Pour faire entendre leur mécontentement, des associations étudiantes ont renoué avec un symbole bien connu au Québec : le carré rouge, rapporte Le Devoir. « Pour nous, ce qui s’est fait au Québec en 2012, c’est comme une marche à suivre », lance depuis son bureau à l’Université d’Ottawa Alex Stratas, la commissaire à la revendication du syndicat étudiant de l’université. Le symbole est puissant, soutient-elle, puisqu’il représente le « gros succès » d’une lutte portée par des jeunes. Le carré rouge, elle le porte « fièrement ». « Je veux que ça nous donne du courage et que ça nous inspire. » Près de 14 ans après la manifestation monstre du 22 mars 2012 au Québec, ce sont cette fois les étudiants à Ottawa et à Toronto qui sont descendus dans la rue le 24 mars dernier pour protester contre la hausse de leurs droits de scolarité. La mobilisation pourrait prendre de l’ampleur dans les prochains mois, estime Alex Stratas, lorsque les étudiants mesureront concrètement les impacts des nouvelles mesures au moment de planifier leur budget pour la prochaine année. « Si les étudiants veulent une grève générale, pourquoi pas ? » glisse-t-elle. En février, le gouvernement Ford a mis fin au gel des droits de scolarité instauré en 2019. Les établissements postsecondaires peuvent désormais augmenter leurs frais de 2 % par année. Dans la foulée, Doug Ford a aussi modifié le Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiants de l’Ontario (RAFEO), l’équivalent ontarien du régime québécois d’aide financière aux études (communément appelé les prêts et bourses). Alors que les étudiants pouvaient auparavant couvrir jusqu’à 85 % de leurs frais en bourses, celles-ci seront désormais plafonnées à 25 % des droits de scolarité.