Le recteur et vice-chancelier de l’Université Concordia, Graham Carr, salue le succès des campagnes de financement des différentes universités québécoises. Un signe de soutien de leur communauté, rappelle-t-il dans La Presse. L’Université Concordia a récemment clos sa campagne de financement la plus fructueuse à ce jour, avec un total de 365 millions de dollars. Cependant, nous ne sommes pas les seuls à nous réjouir. Il n’y a pas si longtemps, en 2022, l’Université du Québec à Montréal a conclu une campagne à l’échelle de l’établissement qui a permis de recueillir près de 119 millions de dollars. Les dons ne sont pas des fonds de fonctionnement. Mais les campagnes ne couvrent pas ce qu’il en coûte pour payer les salaires ou éclairer et chauffer des installations vieillissantes. En tant qu’institutions publiques, nos universités dépendent du gouvernement du Québec pour couvrir leurs frais de fonctionnement. Or, le financement de l’enseignement supérieur stagne depuis des décennies, et les récentes politiques restreignant l’immigration étudiante ont provoqué un déficit dans de nombreuses universités, y compris la mienne. Au Québec, les économistes estiment que le système universitaire souffre d’un déficit de financement annuel d’au moins 2 milliards de dollars. Néanmoins, le gouvernement a imposé un gel de deux ans sur nos budgets de fonctionnement. L’éducation, la recherche et la capacité de former des professionnels hautement qualifiés s’avèrent indispensables à la réussite de tout pays à une époque où le savoir, la technologie et l’innovation constituent les moteurs de la productivité économique. Cependant, des signes inquiétants indiquent que le sous-financement chronique des universités commence à avoir des répercussions sur notre société.