L’échec de l’intégration des élèves à défis particuliers


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Nous devons nous rendre à l’évidence. L’intégration des élèves à défis particuliers dans les classes ordinaires est un échec, soutient Camil Bouchard, professeur retraité de l’UQAM, dans Le Devoir. Les conditions de cet échec sont bien connues : manque de ressources spécialisées, enseignantes mal outillées, laissées à elles-mêmes devant une diversité infinie de cas, gestion de classe éminemment complexe, épuisement du personnel enseignant, retard dans les apprentissages des enfants, répétition du même scénario année après année. On n’y trouve pas beaucoup de gagnants. Non pas que l’intégration en soi ne présente pas de mérites, mais, avouons-le, nous n’avons jamais été capables, malgré les engagements solennels avec lesquels on nous bassine constamment, d’en faire autre chose qu’une chimère tellement les conditions de sa réussite n’auront jamais été au rendez-vous. On parlait jadis de classes spéciales jusqu’à ce que le courant de l’intégration à tout prix ne vienne mobiliser les fonctionnaires du ministère assiégés par les parents qui avaient été convaincus que l’intégration en classe ordinaire était la seule voie acceptable pour leur enfant. On peut les comprendre. Mais nous sommes passés témérairement d’un extrême à l’autre. Nous avons opté pour l’intégration massive des enfants présentant des défis particuliers dans les classes ordinaires sans les moyens pour faire vivre à ces enfants, au personnel enseignant et aux parents autre chose qu’une inclusion au mieux physique, très souvent fictive, décevante sinon accablante.