Dans le troisième volet d’une campagne de sensibilisation lancé jeudi dernier, et destiné à la communauté étudiante, la chargée de cours et autrice Léa Clermont-Dion veut montrer le lien entre les discours masculinistes et la banalisation des violences sexuelles, rapporte La Presse. Une initiative qui arrive à point nommé. « Le milieu de l’éducation a un besoin criant de parler des discours masculinistes », confirme Léa Clermont-Dion. La réalisatrice du documentaire Je vous salue salope lance le troisième volet de la campagne de sensibilisation « On s’écoute », financée par le ministère de l’Enseignement supérieur. Campagne qui s’inscrit dans la stratégie gouvernementale pour contrer les violences sexuelles, adoptée dans la foulée du rapport Rebâtir la confiance. Le thème choisi ne pouvait pas mieux tomber, puisqu’on y parle du lien entre les discours masculinistes et la banalisation des violences à caractère sexuel. Léa Clermont-Dion cite quelques statistiques qui donnent froid dans le dos : 75 % des jeunes Québécois remettent en doute la crédibilité des victimes d’agressions sexuelles, selon une recherche de la Chaire des violences sexistes et sexuelles. Et 20 % des jeunes Québécois pensent que le féminisme est une tentative de contrôler le monde. « Or, rappelle la chercheuse affiliée à la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents, le masculinisme n’est pas le pendant masculin du féminisme. »