Le syndicalisme à la croisée des chemins : Bilans, défis et raisons d’espérer


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Le panel d’ouverture du colloque des États généraux du syndicalisme (EGS), qui a eu lieu les 31 mars et 1er avril derniers, a donné le ton : le mouvement syndical québécois est fort, mais doit se réinventer pour demeurer un acteur incontournable dans une société en profonde mutation. Cinq voix venues d’horizons différents ont brossé un portrait lucide des défis et des occasions à saisir. D’entrée de jeu, les panélistes ont salué la rigueur des travaux ayant mené aux constats des EGS, tout en pointant certaines lacunes. Françoise David, ancienne co-porte-parole de Québec solidaire, a relevé avec étonnement l’absence quasi totale des femmes dans les constats initiaux : « Le mot “femmes” n’apparaît qu’au huitième paragraphe. Est-ce que tout est réglé pour l’égalité? » Elle a aussi rappelé que le mouvement syndical demeure très blanc, alors que le Québec se diversifie : « Le mouvement syndical devrait s’enrichir de cette diversité d’expériences et d’histoires de vie. » Responsable des dossiers politiques de l’organisme Au bas de l’échelle, Vincent Chevarie a pour sa part souligné une tension persistante entre le mouvement communautaire et le mouvement syndical. Si la solidarité est réelle, le communautaire a souvent l’impression d’avoir à « pousser » les organisations syndicales vers l’avant, notamment sur des dossiers comme les droits des travailleuses et des travailleurs immigrants, un combat porté par les groupes communautaires depuis les années 1970. Il a dénoncé une certaine forme de sous-traitance des luttes sociales aux organismes de base. Pour Pascale St-Onge, ancienne ministre fédérale et ancienne dirigeante syndicale, le diagnostic est clair : les syndicats ne sont plus les interlocuteurs incontournables qu’ils étaient. D’autres actrices et acteurs ont investi l’espace public et les couloirs politiques. « Les organisations patronales recourent à des firmes de communications et de lobbyisme. Le temps d’écoute des politiciens est tellement court qu’il faut faire sa place », a-t-elle dit, insistant sur l’importance de la communication directe avec les membres comme levier principal d’influence.