Le retour au travail en présentiel à trois jours par semaine ne plaît pas aux fonctionnaires, qui jugent dans une forte proportion que le travail au bureau est « jamais » ou « rarement » utile, rapporte La Presse. « Le télétravail à trois jours par semaine, c’est vu comme un avantage non monétaire par les employés. Les gens se disent : pourquoi congestionner le réseau routier, être pris dans le trafic quand on peut travailler de la maison. Les forcer à aller au bureau, ça va provoquer des départs », affirme Christian Daigle, président du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ). Actuellement, une majorité de fonctionnaires de l’État québécois doivent se rendre au bureau deux fois par semaine. En décembre, la présidente du Conseil du Trésor France-Élaine Duranceau a annoncé son souhait de les y voir trois jours par semaine. En réaction, le SFPQ a sondé ses membres. Et ceux-ci ne sont pas chauds à l’idée. Sur les 7000 fonctionnaires ayant participé à l’exercice, près de 62 % ne voient « jamais » ou « rarement » une « valeur ajoutée claire ». Près de 80 % d’entre eux affirment également qu’ils travaillent seuls et qu’ils participent à des réunions à distance lorsqu’ils sont au bureau. M. Daigle estime qu’il est illogique de demander aux employés du gouvernement de retourner travailler au bureau, alors que la gestion des équipes a beaucoup changé depuis la pandémie. « On a des gestionnaires qui ne sont pas dans la même ville que leurs équipes, on a des fonctionnaires en régions dont le bureau est à Québec ou Montréal, et en plus le gouvernement a réduit la taille de son parc immobilier, ce n’est même pas clair que tous les fonctionnaires pourront retourner au travail en même temps », dit M. Daigle.