Le milliard manquant : Une situation critique pour les universités québécoises


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À l’approche des élections provinciales de 2026, le Bureau de Coopération Interuniversitaire (BCI) s’appuie sur la mise à jour de l’étude de l’économiste Pierre Fortin pour lancer un avertissement clair : afin d’offrir à ses personnes étudianets les mêmes ressources qu’ailleurs au pays, le réseau universitaire québécois accuse un retard de 995 millions de dollars (après ajustement pour tenir compte du coût de la vie) par année pour l’année 2023-2024. « Le Québec a perdu un terrain considérable en vingt ans, glissant de 91 % à 83 % du financement comparativement aux autres provinces, déplore Christian Blanchette, président du BCI et recteur de l’Université du Québec à Trois-Rivières, peut-on lire sur Affaires universitaires. Ce déficit de ressources mène inévitablement à un taux de diplomation plus faible. C’est la mission même de l’université qui est freinée, notamment dans les services aux étudiants. » Il ajoute que la province détient beaucoup moins de personnes diplômées et de professeurs et professeures d’université par rapport au reste du pays « ce qui crée un manque à gagner qui peut paralyser le système. » Pierre Fortin s’inquiète de ce sous-financement à long terme. « C’est ironique, car l’économie du Québec est celle qui va le mieux au Canada. Depuis 35 ans, notre revenu par habitant a augmenté deux fois plus vite qu’en Ontario et cela grâce à la révolution éducative des années 60. » « En éducation, les erreurs ne se voient que 20 ans plus tard», prévient le professeur émérite à l’Université du Québec à Montréal. Comme l’économie actuelle va bien, la population ne ressent pas l’urgence. Pourtant, les chiffres sont parlants: en 2000, le Québec n’avait que 4 points de retard sur l’Ontario pour la diplomation universitaire chez les jeunes adultes. Aujourd’hui, l’écart a doublé pour atteindre 8 ou 9 points. « On perd du terrain parce qu’on ne pousse plus aussi fort que nos parents ou nos grands-parents dans les années 60. » « La situation est devenue critique », affirme Madeleine Pastinelli, présidente de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’Université (FQPPU). Selon elle, la non-indexation des budgets et l’effondrement des inscriptions étrangères agissent comme des coupes déguisées. « Le personnel fait face à une surcharge de travail aggravée par une bureaucratie omniprésente. L’énergie des professeurs est détournée de leur mission première par un accroissement massif de la reddition de comptes », déplore-t-elle.

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