Le filtrage comme mirage de solution à la crise du logement : Analyse des limites de ses effets


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La crise du logement qui frappe le Québec depuis au moins le début des années 2000 ne montre aucun signe de ralentissement. À en croire le milieu du développement immobilier résidentiel, mais aussi un nombre croissant d’élu·e·s, cette crise de la disponibilité et de l’abordabilité résulterait presque exclusivement d’une offre insuffisante. Sortir de la crise passerait – toujours selon ces intervenant·e·s – par la construction massive de logements (sans égard à la clientèle visée), ce qui amènerait une baisse générale des prix pour la plupart des ménages grâce à un processus de filtrage. Conformément à dernier, les logements tendraient à perdre en qualité et en valeur avec le temps, les rendant plus accessibles aux ménages dont les revenus sont moins élevés que ceux des ménages qui les occupaient précédemment. Malgré l’importante promotion du filtrage, la portée réelle d’une politique de l’habitation basée sur ce principe est incertaine. À l’aide de statistiques sur différentes dimensions de la population et du logement, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) met en évidence plusieurs de ses limites – certaines processuelles, d’autres contextuelles – qui expliquent pourquoi le filtrage ne peut réellement bénéficier aux ménages moins aisés, voire aux ménages vulnérables.

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