L’avenir passe par plus de moyens pour nos chercheurs, pas par le recrutement de vedettes étrangères, écrit dans Le Devoir Luc-Alain Girafeau, directeur général de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). Dernièrement, plusieurs pays occidentaux, dont le Canada, se sont dotés de stratégies pour attirer les chercheurs vedettes des États-Unis et d’ailleurs. Le Fonds de recherche du Québec a lancé un concours de suppléments accordés aux 10 chercheurs américains retenus par les universités du Québec au Programme des chaires d’excellence du Canada. Le gouvernement fédéral, pour sa part, dépensera 1,7 milliard de dollars sur 12 ans pour les Chaires Impact+, destinées à attirer et à appuyer richement 1000 chercheurs de l’international. Cette volonté de recruter et de financer les vedettes étrangères de la recherche a pour objectif de renforcer l’innovation et la compétitivité de la recherche canadienne en tirant profit du contexte défavorable aux États-Unis. Il y a lieu de se questionner sur l’efficacité et les conséquences de ces mesures destinées aux chercheurs de l’international. Pourquoi ces chercheurs des autres pays du G7 qu’on veut amener ici sont-ils plus performants que ceux du Canada ? Ils ne sont certainement pas meilleurs que les Canadiens, mais il faut avouer qu’ils ont souvent pu bénéficier de moyens largement supérieurs à ce qu’ils auraient pu espérer obtenir au Canada. Il est clair que les budgets alloués à la recherche au Canada sont considérablement inférieurs à ceux des voisins dont nous voulons attirer les chercheurs. Comme premier dirigeant de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), un établissement universitaire voué à la recherche et à la formation aux cycles supérieurs, je comprends que nos gouvernements veuillent amener ici des talents de l’international, mais c’est, selon moi, une solution facile et à courte vue.