Le Canada face au recul scientifique américain 


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La recherche canadienne subit le contrecoup des compressions en science de l’administration Trump. Jérôme Marty, directeur général de l’Association internationale de recherche sur les Grands Lacs, explique que les compressions de l’administration Trump touchent les scientifiques menant un éventail de projets sur les lacs, du contrôle des espèces envahissantes au nettoyage de la pollution héritée. Mais ce qui est presque plus perturbant que la perte de financement, c’est que personne ne sait si une nouvelle normalité s’imposera un jour. Le chaos s’impose maintenant comme le dénominateur commun des partenariats scientifiques canadiens avec les États-Unis, peut-on lire sur Affaires universitaires. Les collaborations avec la NASA sont elles aussi menacées par l’annulation de projets, ainsi que des licenciements et des retraites forcées des scientifiques. L’Agence spatiale canadienne fournit un satellite et trois instruments scientifiques à la mission Système d’observation de l’atmosphère de la NASA, soit une constellation de quatre satellites qui mesurera les aérosols, les nuages et la vapeur d’eau dans l’atmosphère, et leurs influences sur les conditions météorologiques, la qualité de l’air et le climat. Or, cette mission est maintenant compromise, puisqu’elle a attiré l’attention de l’administration Trump en raison de ses liens avec la recherche climatique, estime Aldona Wiacek, scientifique spécialiste de l’atmosphère à l’Université Saint Mary’s à Halifax.  Sur la terre ferme, l’étude de l’atmosphère n’échappe pas non plus aux perturbations. Mme Wiacek est co-chercheuse principale, avec le physicien Robert Sica de l’Université Western à London, du Réseau canadien de lidar à micro-impulsions (MPLCAN). Celui-ci fait partie d’un réseau mondial coordonné par la NASA pour assurer le suivi de la fumée de feux de forêt et d’autres polluants dans l’atmosphère. « Officiellement, le projet existe encore, mais toutes les personnes-ressources ont quitté le navire, et plus aucun financement ne proviendra des États-Unis après janvier », précise M. Sica.