La sous-traitance n’est pas le remède aux problèmes financiers des sociétés de transport et risque même de réduire la fiabilité des réseaux et la qualité du service, estime l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) dans une étude rendue publique ce jeudi. En 2023, Québec avait commandé des audits de performance des sociétés publiques de transport, aux prises avec d’importants déficits. Dans un rapport publié l’année suivante, la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) avait formulé plusieurs recommandations afin de dégager des économies récurrentes estimées à 346 millions par année. Elle suggérait notamment aux sociétés de transport de confier certains services au privé, comme le fait Exo avec son service d’autobus, qui est assumé par un fournisseur. La firme avait fait valoir que la rémunération des chauffeurs de bus des fournisseurs privés était inférieure à celle des chauffeurs du secteur public ; le recours à la sous-traitance était donc susceptible de permettre des économies de 72 millions de dollars aux sociétés de transport, soulignait-on. Colin Pratte, chercheur à l’IRIS, juge toutefois que l’audit réalisé par RCGT comporte des lacunes, car il ne tient pas compte des effets potentiels de ses recommandations sur la qualité du service, rapporte Le Devoir. Colin Pratte a donc analysé les ruptures de service et le taux de satisfaction de la clientèle des 10 principales sociétés de transport du Québec. Exo est la seule société de transport à sous-traiter l’entièreté de son service d’autobus, mais elle est moins performante quand on examine le nombre de ruptures de service et la satisfaction des usagers, a constaté le chercheur.
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