La question de la diversité des points de vue dans les universités canadiennes 


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Afin de favoriser réellement le libre examen, on doit rejeter les allégations non vérifiées de crise. La question de la diversité des points de vue dans les universités canadiennes, peut-on lire sur Affaires universitaires. Depuis l’Antiquité, les universités sont des lieux où l’activité savante confronte l’incertitude, faisant progresser le savoir par la réflexion critique plutôt que par la déférence à l’autorité. Des grands débats médiévaux aux discours des Lumières sur la raison publique, les universités ont eu pour mission de nourrir le courage intellectuel, les remises en question rigoureuses et l’étude des vérités complexes. Dans les démocraties modernes, les universités jouent encore ce rôle : elles enseignent la pensée critique, favorisent l’adoption d’approches diversifiées et préparent les personnes à devenir citoyennes de sociétés plurielles. Dans le cadre de cette mission, les débats portant sur la « diversité des points de vue » – souvent présentés comme des différences idéologiques s’inscrivant dans un axe gauche-droite – doivent être mis en contexte. Le terme a vu le jour au début des années 2000 dans le milieu de l’enseignement supérieur aux États-Unis, et il a été repris par des groupes conservateurs comme la Fondation Heritage et l’Institut American Enterprise. Ces groupes dénoncent l’hostilité à laquelle les personnes conservatrices feraient face, en s’appuyant sur des sondages sélectifs et des anecdotes. Cette soi-disant « crise » idéologique confond partisanerie et rigueur universitaire, présumant qu’une idéologie détermine le raisonnement et qu’une opinion équivaut à une expertise. La réalité est beaucoup plus nuancée.