Au premier jour d’une grève de 11 jours, Radio-Canada présente cinq questions pour mieux comprendre la mobilisation lancée par Le communautaire à boutte et le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA). • Est-ce que le milieu communautaire peut faire la grève? Oui, bien que, dans ce cas, il ne s’agisse pas d’une grève au sens du Code québécois du travail. Ainsi, la mobilisation s’apparente davantage à une grève sociale. « Dans d’autres secteurs, la grève est un moyen reconnu pour se faire entendre. Il est légitime que le communautaire puisse utiliser le même levier. Le milieu communautaire a un rôle social déterminant. Pour être reconnu et respecté : faire la grève s’impose!
», peut-on lire sur le site Internet du groupe Le communautaire à boutte. • Qui fait la grève? En date du 23 mars, 1622 organismes communautaires avaient une autorisation de faire la grève. Le niveau de service offert pendant la grève dépend des organismes. Les groupes qui participent au mouvement sont de tous les horizons : proche aidance, défense des droits collectifs, itinérance, pauvreté, famille, jeunesse et autres. Dans un rapport déposé en décembre 2025, l’Institut de la statistique évaluait à 10 300 le nombre d’organismes communautaires et en économie sociale au Québec. Ils représentaient 137 000 personnes salariées, dont les deux tiers sont des femmes. • À quelle hauteur est financé le milieu communautaire? La grande majorité des organismes reçoivent de l’argent de différents programmes gouvernementaux (PSOC, PACTE, PAGAC), bien que plusieurs doivent ajouter des services pour réussir à financer leurs opérations. Certains fournissent même des services à l’État, notamment en santé et en services sociaux. Ils profitent aussi de l’aide de nombreux bénévoles. En 2026, le gouvernement du Québec dit consacrer 2,2 G$ par année au milieu communautaire, soit deux fois plus qu’en 2018. Le monde communautaire estime que les dernières sommes octroyées représentent une augmentation inférieure à 1 % à l’aide directe aux organismes, bien en dessous de l’inflation. L’augmentation accordée au Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) représente une hausse d’environ 6000 $ par organisme par année, selon Le communautaire à boutte. En 2023, les 10 300 organismes communautaires avaient généré des revenus d’environ 9,8 G$, selon l’Institut de la statistique du Québec. • Combien sont payés les travailleurs du secteur communautaire? Selon le gouvernement canadien, le salaire horaire au Québec pour les travailleurs du milieu communautaire se situe entre 19,27 $ et 36 $ l’heure. Le salaire médian est de 26,59 $ l’heure, ce qui représente un salaire annuel d’environ 48 000 $ avant impôts. Selon l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), une personne seule a besoin de 35 862 $ après impôts pour s’assurer un niveau de vie décent. Plusieurs organismes, notamment ceux qui offrent de l’aide alimentaire, affirment d’ailleurs que leurs employés sont souvent des usagers. • Autre grève à venir? Bien qu’aucune date ne soit déterminée, le milieu communautaire poursuit ses discussions pour déclencher une autre grève provinciale à l’automne.