Il y a près de 50 ans, le Québec se dotait d’un outil législatif pour assurer la préséance de la langue française : sa désormais célèbre loi 101. Aujourd’hui, force est de constater une certaine indifférence de notre génération par rapport à l’anglicisation de notre parler et de notre écrit, rapporte le Montréal Campus. Pas besoin d’aller loin : au sein de votre journal étudiant ou encore encore dans les salles de classe de l’UQAM, le constat est flagrant, et même, inquiétant. Lorsqu’on texte, souvent, le mot le plus accurate qui nous vient en tête en tant que Gen Z c’est actually un slay qu’on croit impossible à décrire autrement. Lorsqu’on call out nos ami(e)s, c’est par girl ou par bro. Lorsqu’on étudie, on dit qu’on try hard ou qu’on est locked in en sachant que notre entourage relate à ce qu’on dit. La construction même de nos phrases est anglaise : on met l’emphase, on siège sur des comités, on échoue un examen. Complices ou indifférent(e)s, on choisit, reproduit et normalise cette invasion linguistique, souvent, sans même y réfléchir. De nos jours, une partie de notre environnement a échappé à cette législation, puisque notre quotidien a partiellement migré vers un espace numérique. L’anglais y prolifère librement sans équivalence française et sans qu’on care trop. Exemple? Les instruments qui structurent notre quotidien sont quasiment tous anglais : nos feeds, nos stories, nos posts. Difficile dans ce contexte de s’étonner de l’anglicisation de notre génération. Ce phénomène, Gaston Miron l’avait vu venir lorsqu’il parlait de « traduidu », soit cette langue qui calque sa syntaxe et son lexique sur ceux d’une autre langue. « Quand une langue évolue par elle-même, c’est fantastique, quand une langue évolue par une autre, c’est ce qu’on voit dans l’aliénation : notre langue devient passive », expliquait le poète en entrevue avec Radio-Canada, en 1975. Il craignait notamment que le français d’ici ne soit plus « une langue créatrice » et devienne un dialecte passif.
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