En plus de susciter un engouement renouvelé par le retour des joueurs professionnels aux Jeux olympiques, le tournoi de hockey masculin qui a débuté jeudi à Milan promet de concentrer hors de la glace une portée symbolique et des ambitions diplomatiques en pleine mutation. « L’équipe canadienne de hockey, c’est l’incarnation symbolique de la nation », résume Mathieu Boivin-Chouinard, chargé de cours et doctorant au Département d’histoire, pour Le Devoir. Celui qui s’intéresse à la diplomatie sportive et à la place du hockey sur la scène olympique relève le paradoxe que constitue un public québécois « féru, passionné de hockey » qui, par amour de la discipline, s’identifie probablement « davantage aux exploits d’une équipe dépourvue de joueurs québécois » qu’aux réussites individuelles des athlètes d’ici aux Jeux de Milan-Cortina. « Il y a quelque chose à investiguer dans cette espèce d’adhésion québécoise à l’identité canadienne du hockey », encore plus dans un contexte de « crise » pour le hockey d’ici, avec une absence de représentation dans la sélection nationale junior et senior.