Jeux pour enfants sur téléphone : Pour que le jeu reste vraiment un jeu


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Laisseriez-vous votre enfant de 7 ans jouer à un jeu mobile figurant sur la liste « Approuvé par le personnel enseignant » de Google Play pendant que vous préparez le souper ?, questionne Rima Elkouri dans La Presse. J’avoue personnellement que je ne me serais méfiée de rien avant de prendre connaissance du rapport alarmant rendu public ce mercredi par une équipe de recherche de l’UQAM, de McGill et de l’Université d’Ottawa. Les chercheurs dénoncent les dérives des jeux mobiles destinés aux enfants de moins de 13 ans et l’absence d’encadrement de l’industrie les rendant possibles. En analysant 139 politiques de confidentialité de jeux mobiles dits « pour enfants » – vous savez, ce truc auquel on consent trop souvent sans prendre le temps de le lire –, les chercheurs en arrivent à un constat inquiétant : aucune de ces politiques de confidentialité ne respecte pleinement les lois québécoises, canadiennes et américaines en matière de protection des données des enfants. Ce que met en lumière l’étude, c’est qu’il y a un réel problème dans la classification des jeux, m’explique Maude Bonenfant, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en jeu, technologies et société. D’abord, parce que l’on est ici devant une industrie qui s’autorégule et que, dans un tel cas, l’intérêt commercial passe trop souvent avant les droits des enfants. Les chercheurs y voient une « stratégie malveillante » permettant d’outrepasser les droits des enfants pour faire la collecte de données personnelles. Une demande d’autorisation d’action collective contre l’industrie du jeu mobile vient d’ailleurs d’être déposée à Québec pour des « allégations de manquements graves à la protection de la vie privée des enfants ».